Célèbre figure du paysage audiovisuel français, Cyril Drevet est bien connu des passionnés d'automobile pour ses reportages et essais dynamiques dans l'émission Turbo sur M6, ainsi que des générations de téléspectateurs qui l'ont découvert sous le pseudonyme de « Drevet » dans Télévisator 2 ou Club Dorothée.
Derrière son énergie et son regard singulier, de nombreux téléspectateurs s'interrogent sur ce qui semble être un léger strabisme ou une asymétrie du regard. En réalité, Cyril Drevet vit depuis son enfance avec une prothèse oculaire, communément appelée « œil de verre ».
Pourquoi Cyril Drevet porte-t-il une prothèse oculaire ?
Contrairement aux rumeurs infondées évoquant une maladie génétique rare ou une dégénérescence maculaire, la perte de vision de Cyril Drevet est la conséquence d'un accident survenu durant son enfance.
À la suite de ce traumatisme sévère, les chirurgiens ophtalmologistes ont dû procéder à une intervention chirurgicale visant à retirer le globe oculaire endommagé afin d'éviter toute complication infectieuse ou douleur chronique, puis à poser une prothèse esthétique adaptée.
Cette transparence et son naturel à l'antenne ont fait de lui un exemple d'acceptation et de réussite professionnelle, prouvant qu'un handicap visuel unilatéral n'entrave en rien une brillante carrière télévisuelle et journalistique.
Qu'est-ce qu'un « œil de verre » aujourd'hui ?
L'expression populaire « œil de verre » est historique. Si les premières prothèses oculaires du XIXe siècle étaient effectivement soufflées en émail ou en verre cryolithe, les dispositifs modernes n'utilisent pratiquement plus ce matériau.
Aujourd'hui, une prothèse oculaire moderne présente les caractéristiques suivantes :
- Matériau en résine acrylique (PMMA) : La quasi-totalité des prothèses actuelles sont conçues en polyméthacrylate de méthyle. Ce matériau est hautement biocompatible, incassable, léger et parfaitement toléré par la cavité orbitaire.
- Peinture artisanale sur mesure : Chaque prothèse est peinte à la main par un oculariste diplômé. L'artisan reproduit fidèlement la teinte exacte de l'iris de l'œil sain, le diamètre de la pupille, la couleur de la sclère (le blanc de l'œil) ainsi que le réseau des petits vaisseaux sanguins.
- Forme adaptée à la cavité : L'oculariste réalise une empreinte précise de la cavité orbitaire à l'aide d'un silicone médical afin de garantir un confort maximal sans pression douloureuse.
Pourquoi la prothèse bouge-t-elle comme un véritable œil ?
L'une des questions les plus fréquentes concerne la mobilité de l'œil appareillé. De nos jours, lors de l'intervention chirurgicale d'énucléation ou d'éviscération, le chirurgien insère un implant orbitaire (souvent en hydroxyapatite poreuse ou en polyéthylène) au fond de la cavité, sur lequel sont rattachés les muscles oculomoteurs naturels.
La prothèse esthétique externe vient se loger juste devant cet implant. Lorsque le patient regarde à droite ou à gauche, les muscles actionnent l'implant, qui transmet son mouvement à la prothèse acrylique.
Bien que l'amplitude du mouvement soit légèrement plus réduite que celle de l'œil sain (ce qui peut donner une discrète impression de strabisme sous certains angles), le résultat est bluffant de naturel au quotidien.
Entretien et quotidien d'un porteur de prothèse oculaire
Le quotidien d'une personne appareillée comme Cyril Drevet s'organise autour de quelques règles d'hygiène simples :
- Nettoyage régulier : La prothèse est retirée périodiquement (selon les recommandations de l'oculariste, de quelques jours à plusieurs semaines) pour être lavée à l'eau tiède et au savon doux neutre.
- Lubrification oculaire : La cavité orbitaire sécrète des larmes, mais l'usage de collyres lubrifiants ou de gels lacrymaux sans conservateur permet d'assurer un clignement fluide des paupières et d'éviter les irritations.
- Polissage annuel : Une visite annuelle chez l'oculariste est indispensable pour polir la surface de la résine, éliminer les micro-dépôts de protéines et vérifier l'état des muqueuses de la cavité.
- Protection de l'œil valide : Pour toute personne monophtalme, le port de lunettes équipées de verres protecteurs (en polycarbonate ou organiques haute résistance) est vivement conseillé lors d'activités de bricolage ou sportives.
En résumé
Le parcours de Cyril Drevet rappelle avec force que la perte d'un œil et le port d'une prothèse oculaire n'empêchent nullement une vie active et passionnée, que ce soit au volant de bolides sur circuit ou sous les projecteurs des plateaux de télévision. Grâce aux progrès conjugués de la chirurgie ophtalmologique et du savoir-faire des ocularistes, la prothèse oculaire restaure aujourd'hui l'esthétique du visage et la confiance des patients.


