Le canal lacrymal joue un rôle fondamental dans l'équilibre oculaire : il permet l'évacuation continue des larmes de la surface de l'œil vers les fosses nasales. Lorsque ce conduit étroit se bouche ou s'encombre, les larmes ne s'évacuent plus, provoquant un larmoiement permanent (épiphora) et des risques d'infections répétées.
Découvrez les causes et les traitements de l'obstruction du canal lacrymal chez le nourrisson et chez l'adulte.
Anatomie : comment s'écoulent les larmes ?
Les larmes sont produites en continu par la glande lacrymale principale (située sous la paupière supérieure) pour humidifier et protéger la cornée.
À chaque clignement, les paupières étalent le film lacrymal vers le coin interne de l'œil. Les larmes sont ensuite aspirées par deux petits orifices (les points lacrymaux), traversent de fins canalicules, se rassemblent dans le sac lacrymal, puis descendent le long du canal lacrymonasal pour se déverser naturellement dans l'arrière du nez.
Si ce circuit est obstrué, l'œil déborde en permanence sur la joue.
L'obstruction chez le bébé (nourrisson)
Chez près de 20 % des nouveau-nés, le canal lacrymal n'est pas totalement ouvert à la naissance. Il s'agit le plus souvent de la persistance d'une fine membrane (la membrane de Hasner) qui bloque l'extrémité inférieure du canal.
Symptômes :
- Œil qui pleure constamment sans rougeur ni douleur.
- Présence de sécrétions jaunâtres ou blanchâtres qui collent les paupières le matin.
Prise en charge :
- Massages lacrymaux de Crigler : Masser délicatement l'angle interne de l'œil avec le doigt propre de haut en bas pour créer une surpression hydraulique et rompre la membrane. Dans 90 % des cas, le canal s'ouvre spontanément avant l'âge de 9 à 12 mois.
- Sondage lacrymal : Si l'obstruction persiste après 1 an, l'ophtalmopédiatre réalise un sondage très rapide sous anesthésie légère à l'aide d'une sonde métallique fine pour libérer le passage.
L'obstruction chez l'adulte : causes et complications
Chez l'adulte, l'obstruction est généralement acquise :
- Rétrécissement lié à l'âge (sténose sénile) : Amincissement et fibrose progressive des canaux.
- Sinusites chroniques ou rhinites sévères : L'inflammation des muqueuses nasales gagne le canal lacrymal.
- Traumatismes faciaux : Fracture du nez ou de l'orbite ayant comprimé les voies lacrymales.
Le risque majeur : la dacryocystite
Lorsque les larmes stagnent dans le sac lacrymal clos, les bactéries prolifèrent. Cela peut déclencher une dacryocystite aiguë : une tuméfaction rouge, chaude, extrêmement douloureuse au coin interne de l'œil, nécessitant des antibiotiques d'urgence pour éviter la formation d'un abcès.
Les traitements chez l'adulte
Lorsque le canal est définitivement obstrué chez l'adulte, les collyres ne suffisent plus :
- Intubation lacrymonasale : Pose d'une sonde en silicone souple laissée en place quelques mois pour redilatérer les voies.
- Dacryocystorhinostomie (DCR) : Intervention chirurgicale de référence consistant à créer un court-circuit direct entre le sac lacrymal et la muqueuse nasale. Elle peut être réalisée par voie externe (petite cicatrice discrète sur l'arête du nez) ou par voie endoscopique endonasale (sans aucune cicatrice visible sur le visage).

