En optique ophtalmique, le verre lenticulaire est une conception géométrique particulière destinée à corriger des amétropies extrêmes (au-delà de +/- 12.00 ou +/- 20.00 dioptries) tout en maintenant un poids et une épaisseur tolérables pour le porteur.
Découvrez l'anatomie et le rôle de ce verre d'exception.
Pourquoi créer un verre lenticulaire ?
Sur un verre correcteur classique, la puissance optique est répartie sur toute la surface du disque :
- Pour une myopie extrême de
-18.00 D, les bords du verre atteindraient une épaisseur de plus de 15 millimètres, rendant le verre intransportable, dangereux et impossible à insérer dans une monture. - Pour une hypermétropie extrême ou une aphakie (absence chirurgicale de cristallin) de
+15.00 D, le centre formerait un dôme gigantesque et lourd.
Pour surmonter cet obstacle physique, le concept du verre lenticulaire divise la surface en deux zones distinctes :
- La pastille optique utile centrale (diamètre de 30 à 40 mm) : C'est la seule zone du verre qui porte la forte puissance correctrice exacte face à la pupille.
- La plage marginale de soutien (zone périphérique) : Cette zone entourant la pastille n'a aucune puissance optique (verre neutre plat et très mince). Elle sert uniquement de support mécanique pour permettre de tailler le verre et le fixer solidement dans la monture de lunettes.
Les deux variantes de verres lenticulaires
- Le verre lenticulaire pour forte hypermétropie (ou aphake) : La pastille centrale est un dôme convexe proéminent (« œuf sur le plat »).
- Le verre lenticulaire pour forte myopie (Myodisc) : Le centre est fortement creusé, tandis que la collerette extérieure reste très fine, évitant le débord monstrueux du verre sur les côtés des tempes.
Les alternatives modernes
Bien que les verres lenticulaires aient sauvé la vue de générations entières de patients très myopes ou opérés de la cataracte sans implant, ils induisent une scotomisation (vision floue ou vide en dehors de la pastille centrale).
Aujourd'hui, l'apparition des résines plastiques à très haut indice de réfraction (indice 1.74), des verres minéraux ultra-amincis (indice 1.90) et des implants intraoculaires permet d'équiper la quasi-totalité des fortes amétropies avec des verres esthétiques continus à surfaçage bi-asphérique.
